Jessica ADJOUA, Créatrice de poupées chiffon - LES ARTISANS D'ICI

Jessica ADJOUA, Créatrice de poupées chiffon

Par Mrs K


Jessica ADJOUA, métisse franco-ivoirienne, Créatrice de poupées chiffons BABITECTURE notre première invitée dans la rubrique LES ARTISANS D’ICI DE France. Elle nous parle de ses créations et de ses projets entre la France et la Côte d’Ivoire


Pourriez-vous nous parler de vous et de votre parcours ?

Je suis née et j’ai grandi à Abidjan en Côte d’Ivoire. Lors du coup d’état de 2002, mon père nous a envoyé mon frère et moi à Lille pour finir nos études. Quand j’ai eu le bac, j’ai eu le choix de rentrer à Abidjan ou de poursuivre mes études. Comme il n’y avait pas d’école d’architecture en Côte d’Ivoire, j’ai poursuivi mon cursus à Lille tout en effectuant mes stages dans des entreprises en Côte d’Ivoire. J’ai ainsi obtenu mon Habilitation à la Maitrise d’œuvre en Mon Nom Propre (HMONP) en 2016 et depuis j’ai travaillé pour plusieurs agences à Paris et au Luxembourg.


Racontez-nous la création de votre marque BABITECTURE ? Le nom est très original, quelle est son origine ?

Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Quand j’étais enceinte de ma fille fin 2016, je lui cherchais le parfait doudou. Je voulais que ce soit une petite poupée en tissus noire ou métisse pour représenter ses origines africaines (franco-gabonaise). Après avoir visité la majorité des enseignes de ma région, j’ai commencé à regarder s’il y avait des créatrices indépendantes qui en proposaient. En France, je n’en ai pas trouvé mais je suis tombée amoureuse des Mecharis dolls qui sont produites aux USA, le problème c’est que la créatrice ne livrait pas en France. C’est à ce moment-là que l’idée de créer les miennes a germée.


Le nom Babidoll est un jeu de mot entre Babi (le mot désignant Abidjan en nouchi qui est le langage populaire ivoirien) ma ville natale où je puise une bonne partie de mon inspiration et Baby (Bébé en anglais), enfin doll (poupée en anglais) vient préciser que c’est une poupée. La traduction en français c’est « Poupée d’Abidjan ».


Babitecture est née quelques semaines après le succès d’une poupée que mes amis avaient commandé pour leurs nièces et neveux.


Le nom BABITECTURE reprend le jeu de mot entre « babi » et « tecture » qui vient du mot architecture. L’architecture, ma passion, mon métier que je considère comme un art métis car dans le processus de conception et de création, on fait collaborer différents savoir-faire pour aboutir à un objet d’art.


Vous travaillez à votre compte. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ? Votre secteur est-il compétitif ?

J’adore ça mais la grosse difficulté c’est de s’organiser quand on est multitâche. J’assure la conception et la réalisation des poupées, l’achat des matériaux nécessaires pour la couture, l’emballage et l’expédition des commandes. Je gère le SAV et les demandes d’informations via mails, Instagram ou via notre page Facebook. Je gère également toute seule le site internet, le shooting et la mise en ligne des produits.

En résumé, je me charge de tout sauf de la création des illustrations qui sont réalisées par mon conjoint, papa Babitecture.


D’où sortez-vous l’inspiration ? Quelles sont les matières que vous utilisez pour la conception de vos poupées ?

Mon inspiration me vient principalement de mon enfance en Côte d’Ivoire mélangée avec les contes européens que j’ai pu lire et dessins animés que j’ai pu voir.


Les pagnes ivoiriens viennent à chaque fois dans mes valises ou dans celles de proches qui me rendent visite. La grande majorité de mes pagnes wax provient du marché d’Adjamé (Abidjan – Côte d’Ivoire).


Tous les autres tissus, rembourrages, laines et autres accessoires viennent soit de Mondial tissus, Selftissus, soit des deux petites merceries de ma ville. Je ne commande pas d’énormes quantités pour ne pas gaspiller, ce qui fait que quand la couleur de peau que j’ai choisie pour mes Babidolls n’est plus disponible, je change pour une plus proche, toujours en sélectionnant des tissus 100% coton et si possible respectant la norme Oeko-Tex.


Pour le rembourrage, j’utilise de la fibre polyester plutôt que du rembourrage d’origine naturelle car je la trouve plus douce et de plus elle ne se tasse pas au fil des lavages. Elle est fabriquée en France selon le standard Oeko-Tex 100.


Pour les fils j’utilise du 100% coton pour l’instant car pas de type Oeko-Tex disponibles, ici.


Quels sont vos projets ?

Mes projets sont de continuer à me diversifier, de proposer des collections en séries limitées pour garder une production artisanale qui respecte l’environnement.


Et surtout, retourner vivre à Abidjan pour y ouvrir mon atelier de production. Fournir du travail à des artisanes afin de reprendre mes activités d’architecte. Tout cela dans le but de mettre en lumière le savoir-faire et l’excellence de l’artisanat africain.


Pour avoir une vision imagée du parcours de vos poupées chiffon, donnez-nous un endroit en dehors de la France où elles ont été vendues.

Pour l’instant je les vends surtout en France et même si je donne la possibilité de les faire livrer à l’étranger à ceux qui le souhaitent, je pense que les frais de livraison élevés sont un frein.  Mais je sais que quelques Babidolls ont voyagées dans les valises de clientes jusqu’à Abidjan, Dakar et en Martinique.


Et j’ai reçu des demandes provenant des USA, Canada et Bali. Aussi, je travaille à trouver des revendeurs mais pour l’instant je vise plus Paris, Dakar et Abidjan.  Mais comme on dit : « Petit à petit l’oiseau fait son nid ».


Jessica ADJOUA et ses Babidolls

BABITECTURE

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